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Il y a trois ans, je suis devenue mère.

Il y a six mois, je devenais la femme de mon mari.

Il y a quatre jours, d'un revers de la main, j'ai balayé ma vie, mes repères, ma famille.

11h50, samedi 26 juillet, mon mari et ma fille s'envolent pour des contrées pas si lointaines.

11h51, ce samedi 26 juillet, je suis en apesanteur. Comme l'impression que les minutes sont suspendues, que mon temps ne défile plus.

Je suis heureuse pour eux. Heureuse pour moi, et pourtant mon coeur s'emballe, mes mains s'agitent, mon corps et mon cerveau se dissocient, et d'ailleurs mon cerveau, lui, semble bien embrumé.

Une heure, puis deux, passées hors du temps, comme chariée, malmenée, perturbée, amputée, privée.

Comme un souffle que l'on cherche, dont on a, intrinsèquement, besoin, mais que l'on ne trouve pas.

15h... Ils sont arrivés en terre maori. J'ai atterri moi aussi, apaisée.

Il y a trois ans, je suis devenue mère.

Il y a quatre jours, j'ai compris la maternité.

Ces trois êtres pronfondément liés, mais irrémédiablement dissociés.

Vite, très vite, la vie reprend son cours, celle d'avant (l'insoucience en moins).

Une parenthèse comme enchantée. Une avalanche d'amour de ceux qui ne sont physiquement pas là, mais qui habitent notre coeur depuis quelques années maintenant...

Parenthese-enchantee[1]