Un beau jour on décide qu'il s'agit du dernier jour du reste de notre vie. Pour une raison x ou y, on dit stop, on se dit stop. Et on ouvre les vannes de la remise en question, de la réflexion. On se dit qu'il faut savourer les plaisirs simples de la vie, se contenter de tout ce que l'on a déjà. Il y a bien pire, ô que oui, toujours...

Une fois tous ces beaux mots alignés, on se le dit, on se le répète. A chaque occasion. A chaque "comment vas-tu ?", on répond que ça va, et qu'on a pris la décision de profiter, de vivre au présent, et plus jamais au passé, et encore moins dans le futur. Surtout pas de regrets.

Ces mots résonnent encore bizarrement dans notre bouche, mais la vie, elle est bien là, et continue de défiler. Le quotidien, le train-train, le rythme, tout ça... Et puis, un matin, on se réveille avec une boule dans le ventre. Le temps nous rattrape, notre nature aussi. On se sent pas en complet accord avec soi-même. Deux jours, une semaine, dix jours. Trois semaines.

Trois semaines que nous sommes rentrés de nos splendides vacances en Californie. Et depuis, les belles leçons, les bonnes résolutions et les idées étincelantes sont bien loin. Quelque chose ne se passe pas comme prévu et on s'affole. Le ménage n'est pas fait et c'est la débandade. Une réflexion mal placée, et c'est le point de départ d'une belle enguelade et d'une sale rancune... Et cette boule qui prend de plus en plus de place dans notre ventre.

Et puis un jour, hier, j'ai re-dit : STOP ! Mais cette fois-ci, je crois bien qu'il est sorti tout seul, de mes tripes. J'ai réussit à me dégoûter de moi-même, à me faire sortir de mes gonds. Ah des belles paroles, j'en avais, mais ce n'était qu'une façade, impossible de mettre en pratique depuis le retour des congés.

Je ne m'en veux pas. Oh non, c'est finit ce temps là. Je comprends en fait. Il y a eu ce choc d'une maman malade. Cette envie de passer à autre chose et d'en retirer quelque chose de positif. Et puis cette vie, ma vie, qui m'a rattrapée. Ce moi, celle que j'ai toujours été qui ne peut pas et ne veut pas disparaître du jour au lendemain. Alors j'ai compris. La maladie de ma maman m'a aidé à passer un cap, à devenir celle que j'ai toujours voulu être. Mais pendant quelques semaines, j'avais cette envie pressante, profonde et vraie d'enclencher ce changement à 200% et en même temps, ce petit diable qui ne cessait de m'attirer du mauvais côté. Et de penser que je ne serais jamais capable de prendre la direction que je souhaite depuis tant d'années. Que de toutes façons "chassez le naturel, il revient au galop"...

Il a fallu que mon petit diable m'affronte, me pousse dans mes retranchements. Et ça y est. Ca y est ! J'ai trouvé MON équilibre. Je n'ai plus peur de dire que je suis heureuse, même si la période est dure. Plus honte de dire quand j'ai mal, alors qu'Elle souffre beaucoup plus que moi.

J'ai accepté. Encore une fois grâce à lui, ma moitié, mon mari, et grâce à moi. Juste moi. Avec cette envie de me confronter à ma vie et à moi même, pour ne pas faire semblant d'avancer.

Parce que ma vie, celle qui défile tous les jours, c'est maintenant que je la vis. Parce que ma fille, qui va bientôt souffler ses trois bougies, c'est maintenant que je la vois grandir. Parce que mon Amour, celui à qui j'ai dit oui, c'est maintenant que je l'aime. Et parce que tout de suite, demain, dans un mois, dix ans, ou trente, tout peut s'arrêter, net, d'un coup.

Aujourd'hui, c'est l'amour qui m'a permis d'y voir plus clair. L'amour que je porte à mon homme, et mon envie de le rendre heureux aujourd'hui, et de jamais, oh non jamais, avoir à me dire que je suis passée à côté de ma vie.

Je ne me débats plus à contre-courant, je nage désormais calmement, entourée de ceux qui tous les jours me donnent envie de continuer. Je ne suis plus spectatrice de ma vie.

Pour la énième fois, merci maman...