J'essaie de me mettre à sa place. Déjà que la mienne n'est pas évidente, alors j'imagine aisément ce qu'elle peut endurer...et je ne parle là que d'émotions, de ressentis, et non de douleurs physiques.

Ca y est, le diagnostic a été, définitivement, posé. Elle sait. Un gliome, sur le lobe temporal gauche. Un vilain cancer installé depuis un certain moment déjà... Reste à constater l'ampleur des dégâts.

Comment réagit-on face à une vérité enfin exprimée, après tant d'attente ?

On s'attend toujours au pire, même si, sans le dire, on continue à croire en son étoile. On y croit, mais on ne veut pas le dire trop fort. Une forme de superstition ? Peut-être... Pourquoi nous semble-t'il plus évident d'exprimer le pire, plutôt que le meilleur ? Comme si en parlant du meilleur, on le faisait fuire pour voir débarquer son pire ennemi. Les deux s'opposent-ils d'ailleurs vraiment ?

Comment assiste-t'on au bouleversement de sa vie ? Se sent-on vraiment acteur...ou simple spectateur d'un mauvais scénario que l'on subit. Peut-il nous arriver de se réveiller un matin, en se disant "Ouf, ce n'était qu'un mauvais rêve..." et qu'au fur et à mesure des connexions qui émergent, se souvenir que non, cette histoire là, la nôtre, est bien réelle...

Après tant d'années de souffrance morale, personnelle, familiale... Après tant d'années de souffrance physique, les lourdes opérations s'enchaînant : une, puis deux, trois, pour arriver à cinq... Comment prend-on le fait que le sort ait encore décidé de s'acharner sur notre petite personne ?

Quelles pensées peuvent traverser notre esprit le jour où l'on apprend que tout peut basculer, sans qu'aucun signe avant-coureur ne nous ai permi de se préparer à cela. Peut-on seulement se préparer au pire ?