Avant d'être parents, on sait, on sent, on se doute que l'arrivée d'un lardon va bousculer nos habitudes, modifier nos rythmes, changer nos vies. Alors on anticipe, on essaie... On réfléchit, on se projette, on imagine, on se rassure.  L'amour est là, pour preuve, la famille va bientôt s'agrandir, alors on s'accroche à ces sentiments, fondement du couple : l'amour, la complicité, la complémentarité...tout ces petites choses qui font que nous nous apprêtons avec notre moitié, à vivre l'aventure la plus intense de notre vie. 

Le jour J, on accueille un tout petit. Notre tout petit. Ce bout de nous, la continuité du couple. Plusieurs phases s'enchaînent  alors, plus ou moins marquantes, selon les sensibilités, les maturités, les caractères... Mais très rapidement, on se rend compte qu'il y avait bien du vrai dans tout ce que l'on pouvait s'imaginer avant, mais qu'aujourd'hui, toutes ces petites choses que nous imaginions sont puissance 1000... La fatigue, le rythme, le couple, et le reste, tout le reste.

L'amour est exponentiel, oh oui. Nous sommes heureux, oh que oui ! Mais pourtant bien souvent, cela ne suffit pas à nous faire vivre dans un nuage de coton. Bien souvent, on se questionne, on s'engueule, on se cherche. Chacun doit trouver sa place. On parle du papa, qui doit se trouver en tant que père, du grand frère ou de la grande soeur, de la maman qui doit gérer son "après-grossesse"... Puis il y a la reprise du boulot, le petit qui grandit, un nouveau rythme qui s'installe et le temps passe, inlassablement.

Un matin, au réveil, un soir, au coucher, on se prend à réfléchir, en tant que femme. Où en est-on ? Qu'est devenu notre couple ? Avons-nous la vie de famille dont nous rêvions ? Bref, est-on heureux ? Alors, il y a ceux chez qui l'arrivée d'un bébé n'amène qu'amour, tendresse, gazouillis et fleur bleue... Et il y a les autres, le reste du monde...

Un premier enfant est souvent synonyme de bonheur, mais même pour les plus prêts d'entre nous, les plus préparés, les plus amoureux....les plus... cela amène aussi à un questionnement, à une certaine prise de risque, à une remise en question. Bien souvent, le couple est pris dans la spirale infernal de son nouveau rôle de parents. Et il est alors facile de s'éloigner, de se perdre. On met souvent ça sur le compte du nouveau bébé, du rythme infernal : maison-boulot-dodo et de bien d'autres choses... Mais trop souvent, on se rend compte que les choses sont finalement plus simple. Oui, car, dans les histoires qui finissent bien, le papa est juste là, à côté de la maman, à attendre que sa femme remonte à la surface, les copines sont juste à côté, à attendre que la jeune maman retrouve son rôle d'amie... Et souvent, oh oui, bien trop souvent, on se rend compte, qu'au final, nous nous sommes perdue toute seule dans les méandres du propre rythme que nous nous imposons.

Nous pétons des plombs, nous devenons impatientes, irascibles pour certaines, aigris pour d'autres, les deux pour beaucoup. Nous mettons ça sur le dos du papa, trop souvent absent, pas assez présent, plus vraiment là ; ou des enfants qui ne font toujours pas leurs nuits, qui rentrent dans la phase d'opposition, qui repoussent les limites... Mais si nous lâchons prise, si nous nous octroyons du temps, si nous laissons les choses couler toutes seules, on se rend vite compte que l'on gagne du temps, de l'énergie, des bons moments, et que l'on se retrouve, enfin !

Quoique l'on dise, nous avons toujours en tête l'image d'une maman "parfaite", d'une femme attentionnée, d'une maîtresse sexy et sensuelle... Mais gérer ces trois rôles de front est juste impossible. Alors octroyons-nous du temps et surtout soyons moins dures avec nous-mêmes. Essayons d'être, "juste", des bonnes mamans, une femme aimante... Assumons le fait que tout n'este pas réglé comme du papier à musique. Et surtout, surtout, obligeons-nous, même en cas de fatigue extrême, en cas de coup de blues, en cas de rupture cérébrale, à se réserver des moments rien que pour nous, seule, face à soi-même, avec les copines, pour déblatérer, ça fait toujours du bien, en amoureux... Et finalement plus on lâche, moins on s'en impose, et plus les choses reviennent naturellement et le plus simplement du monde.

Agrandir sa famille est déjà un challenge au quotidien, alors inutile de se lancer des défis qui ne mènent à rien, si ce n'est à notre propre perdition.

La femme est au centre de la famille...la femme, la mère, et parfois le chef d'orchestre de tout son petit monde. Et souvent quand tensions il y a, cela vient d'elle. Non pas qu'elle soit forcément fautive, mais comme tout chef d'orchestre, c'est elle qui donne le tempo. Et quand chérie/maman va bien, généralement, tout le reste suit ! ;-)